Ancienne de la semaine, XJ série 1
Elevée au rang de déesse par toute une génération de pilotes, la Jaguar XJ n’a pris de l’âge que sur le papier. Une britannique alliant finesse et performances qui reste gravée au panthéon comme LA berline mystique.
Avant de devenir XJ, la berline Jaguar a fait l’objet de nombreux tâtonnements et même si le résultat se veut unique et charismatique, elle n’est autre qu’une fière descendante de la E-Type. Cette dernière arriva à point nommé en 1961 pour remplacer les Mk10 et 420 G, le sommet de la pyramide au félin qui s’essoufflait dangereusement. La ligne originelle fut élargie et l’empattement allongé, probablement pour permettre de se démarquer des biplaces.
Considéré comme une réinvention totale de l’esprit même de la marque, les grands pontes investissent massivement dans ce modèle porteur d’espoir et cela dés 1962. Après 6 années de développement, la XJ Série 1 est lancée en septembre 1968 à Earls Court avant de se montrer au salon parisien. Elle dispose alors d’une coque autoporteuse en acier et d’une structure à déformation progressive, véritable révolution à l’époque ; et enfin d’un empattement court (swb) et de plusieurs motorisations.
Tout d’abord les blocs XK 6 cylindres en ligne 2.8l, 3.4l et 4.2l marquent les débuts, prodiguant une nervosité certaine et parfaitement à propos. La transmission est elle assurée au moyen d’une boîte manuelle avec overdrive en option, ou automatique Borg Wagner 3 vitesses.
Une réussite esthétique certaine : l’extérieur présente des courbes fines et un bouclier avant très personnel comptant un quatuor de phares ronds, une calandre rectangulaire et 2 entrées d’aération. Un pare-chocs imposant ainsi qu’un capot légèrement bombé complète cet éventail menaçant. A l’inverse, la poupe se veut sobre et dispose d’un large coffre et d’un couple de feux discrets. Le chrome est bien évidemment à l’honneur comme l’indique l’entourage des vitres latérales.
L’année suivante, à l’instar de la 420, c’est au tour des moteurs Daimler Sovereign de s’insérer en 2.8l et 4.2l (swb et lwb). Ces véhicules à particule disposent par ailleurs de deux réservoirs à essence.
Après 4 années de règne, une nouvelle version baptisée XJ12 s’entiche d’un V12 5.3l (déjà présent sur la E Type) qui affiche une vitesse de pointe d’environ 225 km/h. Elle est ainsi fièrement qualifiée de « quatre places la plus rapide au monde » ! Daimler suivra ce renouveau en éditant les Double Six swb et Vanden Plas qui se présente une nouvelle fois comme la cerise du gâteau Jaguar.
La Série 1 s’éteint en 1973 avec 98.527 unités écoulées, ce qui représente bien plus qu’un simple succès d’estime pour cet étendard britannique. Nombre de nouvelles moutures verront le jour par la suite jusqu’au modèle actuel qui, même si il n’a plus vraiment grand-chose à voir avec son ancêtre, en conserve malgré tout l’aura avec brio.
Responsable de l’ébullition de nombreux clubs de fans à travers toute l’Europe, la première Jaguar XJ reste aux yeux des puristes comme le messie de Coventry, l’élégance au service de la route.





